2020
Portrait en noir et blanc : assis à une table et tête posée dans les mains, Misan Harriman regarde droit dans l’objectif.
Représentant toutes les couleurs, toutes les origines, nous sommes sortis de notre réserve pour clamer : « Laissez-nous faire ».
Misan Harriman
Photographie en noir et blanc : un poing noir est brandi à l’avant-plan. Il apparaît net devant une foule de manifestants floue dans la rue.
Manifestation pour Black Lives Matter, Los Angeles 2020, Mathieu Bitton
© Mathieu Bitton

Le monde n’arrive plus à respirer

Les enregistrements de l’arrestation de George Floyd qui décède au cours d’un contrôle de police se propagent en quelques minutes sur les réseaux sociaux. Des gens révoltés, incrédules et furieux se rassemblent dans les rues à une vitesse qui ne laisse le temps ni à la presse ni à la sphère politique de réagir. Tout commence à Minneapolis avant de gagner le reste des États-Unis. Parmi ces gens : Black Lives Matter. Ce mouvement n’est certes pas nouveau, mais les images de l’arrestation sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La parole se libère pour beaucoup et le monde se rallie sous cette devise.

Photographie en noir et blanc : une femme noire, la bouche et le nez recouverts par un bandana, regarde dans l’objectif et brandit son poing au milieu d’une foule de manifestants floue en arrière-plan.
Manifestations pour Black Lives Matter 2020, Payman Hazheer
© Payman Hazheer
Deux personnes noires se tiennent côte à côte dans une foule et regardent dans l’objectif. Derrière eux, d’autres manifestants, ainsi que des pancartes et un dessin représentant George Floyd brandis en l’air.
Manifestation pour Black Lives Matter et en hommage à George Floyd. Brooklyn, New York 2020, Bruce Gilden
© Bruce Gilden / Magnum Photos
Gros plan : trois hommes noirs se tiennent très proches les uns des autres dans une foule et s’échangent des regards inquiets. Derrière eux, on voit d’autres personnes et un bâtiment.
Manifestation à la mémoire de George Floyd. East Orange, New Jersey, États-Unis 2022, Bruce Gilden
© Bruce Gilden / Magnum Photos
Photographie en noir et blanc : deux hommes noirs avec des dreadlocks et un bandana similaire couvrant leur nez et leur bouche se tiennent l’un près de l’autre et regardent en direction de l’appareil photo avec une foule floue en arrière-plan.
Manifestation pour Black Lives Matter, Londres 2020, Misan Harriman
© Misan Harriman

Faire de la place aux populations noires


En 2020, Misan Harriman photographie les manifestations pour Black Lives Matter directement depuis les cortèges. Il parvient ainsi à prendre des portraits extrêmement pénétrants : les personnes le regardent, car elles désirent vraiment être vues. Son style pictural à la fois délicat et percutant continue de faire des émules même après la fin des manifestations. Peu après, il marque l’histoire de la version britannique de Vogue en étant la première personne de couleur à livrer une couverture pour ce magazine.



Logo pour les 40 ans du Leica Oskar Barnack Award

40 Years of LOBA

Zoom sur les 40 ans du LOBA

Le Leica Oskar Barnack Award fête ses quarante ans : quatre décennies de photographies qui émeuvent, attestent et inspirent. Depuis 1980, le LOBA est synonyme de séries photographiques exceptionnelles qui reflètent les interactions entre l’humanité et l’environnement. À l’occasion de cet anniversaire, Karin Rehn-Kaufmann et les lauréats de cette année se partagent la scène pour symboliser ensemble la continuité, la vision et la force dont la photographie est capable pour transcender les frontières et jeter des ponts entre les générations.

Tous trois équipés d’un microphone serre-tête, Gonçalo Fonseca appareil photo à la main, Karin Rehn-Kaufmann et Luca Locatelli avec son appareil photo prennent la pose sur une scène avec derrière eux « Leica Oskar Barnack Award 40 Years » projeté sur un grand écran.
Karin Rehn-Kaufmann accompagnée des lauréats Gonçalo Fonseca et Luca Locatelli
Un grand poste de commande avec des pupitres incurvés et de nombreux interrupteurs, affichages et écrans remplit l’espace.
Future Studies 2020, Luca Locatelli

2020


Luca Locatelli
Dans Future Studies, Luca Locatelli nous montre des lieux où notre futur s’écrit : instituts de recherche, laboratoires de science de la vie, sites de recyclage. Ses compositions claires quasi surréalistes explorent les thèmes du progrès et de la responsabilité, de la recherche d’un équilibre entre technologie et nature. Une étude visuelle sur le développement durable et l’esthétique du changement.


Leica SL2-S

Au diapason de l’instant présent

Le SL2-S complète le système SL avec un appareil photo plein format afin d’offrir une souplesse d’utilisation et une puissance émotionnelle totales. Avec son capteur CMOS de 24 MP développant jusqu’à 25 images par seconde et ses fonctions vidéo professionnelles, il s’adresse aux photographes et cinéastes à la recherche d’une solution mêlant vitesse, précision et liberté créative.


Distanciation sociale

Alors que la société déjà malmenée par les crises avait un besoin urgent de recréer plus de proximité entre ses membres, c’est exactement ce dont la pandémie de coronavirus nous prive : l’heure est à la distance physique, les visages disparaissent derrière les masques, la sphère privée remplace les lieux publics tout en devenant un lieu de repli. Les individus doivent repenser leurs interactions sociales, entre précaution, sacrifice, méfiance, nécessité, déchirements et nouvelles formes de communauté. Les séries suivantes illustrent toutes les facettes de la pandémie.

Photographie en noir et blanc : une large artère déserte flanquée de hauts bâtiments donnant sur la gare de Grand Central Terminal.
New York City, Grand Central Station 2020, Phil Penman
© Phil Penman

Phil Penman


Pour Phil Penman, la ville devient le décor d’un monde mis à l’arrêt : Times Square dépeuplé, des rues qui attendent de la vie et au milieu d’elles, des gens qui gardent leurs distances.


Photographie avec flash : une femme corpulente portant un masque soulève un bidon de boisson pour le mettre dans son coffre alors qu’une jeune fille blonde elle aussi avec un masque se tient à côté d’elle.
Clientes d’un supermarché pendant la COVID-19, États-Unis 2020, Bruce Gilden
© Bruce Gilden / Magnum Photos

Bruce Gilden


Voilà que d’un seul coup, tout passe par le regard : Bruce Gilden reste fidèle à son style pour documenter la pandémie avec des portraits décalés. Les masques sont de sortie!


Photographie en noir et blanc : un homme barbu dans un lit avec un oreiller blanc et une couverture blanche. Le haut de son visage est caché par un masque noir sur lequel sont dessinés deux yeux.
Extrait de la série : Die Decke über Berlin 2020, Julia Baier
© Julia Baier

Julia Baier


La ville de Berlin prisonnière de l’état d’urgence : Julia Baier documente l’isolement et ses conséquences absurdes.


Photographie en noir et blanc : profil devant un arrière-plan neutre d’un homme qui ferme les yeux. La fatigue se lit sur son visage et on voit les marques profondes laissées par un masque sur sa joue.
Zoonose 2022, Cédric Gerbehaye
© Cédric Gerbehaye

Cédric Gerbehaye 


Cédric Gerbehaye accompagne sur plusieurs mois du personnel soignant et des médecins confrontés à un stress incessant. Il révèle les limites entre responsabilité et épuisement.


L’angle d’une pièce dans un logement moderne avec une grande vitre et une vue sur le bleu de la mer et du ciel. On voit une chaise blanche sur laquelle sont posés plusieurs rouleaux de papier toilette baignés par un éclairage naturel qui arrive en diagonale, ce qui crée des zones très découpées.
Série Life During Lockdown 2020, Craig Semetko
© Craig Semetko

Craig Semetko


Empreint d’un humour plein d’empathie et d’une légèreté mesurée, Craig Semetko immortalise la poésie dans l’absence.


Portrait en noir et blanc : une personne noire portant un masque est assise derrière le pare-brise d’un bus. Elle prie les mains jointes devant son visage tandis qu’un haut bâtiment se reflète sur la vitre et se superpose à son visage.
Le visage humain de la COVID-19 2020, Peter Turnley
© Peter Turnley

Peter Turnley


Peter Turnley documente les interactions humaines à l’ombre de la pandémie et rappelle à quel point les situations d’urgence peuvent mettre à mal le quotidien. 


Mourir peut attendre

Un James Bond qui suscite une attente incroyable : Billie Eilish interprète la chanson du film, le public dans le monde entier est depuis longtemps dans les starting-blocks, mais le lancement est repoussé plusieurs fois à cause de la pandémie. Les photographies dans les coulisses avec Greg Williams, Nicola Dove et Daniel Craig qui passe lui-même derrière l’objectif tranchent avec la réalité du moment : pas de distanciation sociale, mais des personnes qui sont dans leur élément, côte à côte, en plein cœur d’une production hors normes. Prises, maquillage ou répétition : le public a un accès rare à l’univers de James Bond – non pas au mythe, mais au travail d’équipe qu’il nécessite.

Photographie en noir et blanc : deux personnes armés en vêtements tactiques gravissent un escalier en béton gris foncé pendant qu’un caméraman les filme d’en bas.
Photographie en noir et blanc : dans une grande pièce avec des projecteurs de cinéma et une équipe de tournage, une jeune femme dans une élégante robe au dos nu marche à côté de plusieurs hommes en costume allongés au sol alors qu’un grand écran blanc lumineux se trouve derrière elle.
Ana de Armas, Pinewood Studios 2019, Daniel Craig
© Daniel Craig © Danjaq and MGM. NO TIME TO DIE, 007 and related James Bond Indicia © 1962–2021 Danjaq and MGM. NO TIME TO DIE, 007 and related James Bond Trademarks are trademarks of Danjaq. All Rights Reserved.
Photographie en noir et blanc : dix voitures de sport argentées de collection sont garées devant une vieille ville historique densément bâtie et composée de nombreuses maisons en pierre construites à flanc de colline.
Dix Aston Martin DB5, Matera, Italie 2019, Nicola Dove
© Nicola Dove © Danjaq and MGM. NO TIME TO DIE, 007 and related James Bond Indicia © 1962-2021 Danjaq and MGM. NO TIME TO DIE, 007 and related James Bond Trademarks are trademarks of Danjaq. All Rights Reserved.
Portrait en noir et blanc de Greg Williams tenant un Leica dans ses mains
Je ne me dis jamais que je photographie des célébrités. Je photographie des artistes.
Greg Williams

Artistes

Dans les coulisses, deux hommes en smoking marchent côte à côte en souriant dans un long couloir éclairé.
Un homme en smoking se cambre devant le garde-corps d’un balcon en brandissant dans les airs un parapluie grand ouvert qu’il tient dans sa main.
Dans une chambre d’hôtel baignée de lumière et à la porte-fenêtre ouverte menant au balcon, un homme en smoking joue à trouver son équilibre sur une chaise en train de basculer.
Un groupe d’hommes adultes en smoking et en rangs serrés se tient de face. Ils regardent avec sérieux et concentration au-dessus de l’appareil photo.

Influencés

Le début des années 2020 voit fleurir les « influenceurs ». Ceux-ci produisent du contenu au beau milieu du quotidien et de l’espace public. Tout se retrouve en ligne : danses sur un trottoir, spontanéité chorégraphiée, astuces beauté ou conseils de vie, et même un symbole inofficiel de New York, le Naked Cowboy. Les photos deviennent un marqueur de notre temps où la vie semble se produire en vrai uniquement lorsqu’elle est téléchargée. Ainsi, au vu et au su de tous, une réalité parallèle parfaite en apparence se met en place, exerçant une influence immense sur l’image que des générations entières et des milliards d’humains ont d’eux-mêmes.



Photographie en noir et blanc : une femme avec un chapeau, une robe blanche très courte et des talons hauts les prend en photo
Suite du voyage